Incendies à Tchernobyl : un nuage faiblement radioactif a aussi traversé la France

Par Elodie-Elsy Moreau publié le
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En Ukraine, l'incendie qui s'est déclaré le 5 avril dernier, près de la centrale nucléaire de Tchernobyl, a provoqué un nuage de fumée qui a traversé plusieurs pays d'Europe. Une modélisation de l'IRSN permet d'observer sa dispersion. Vidéo.

Alors que la pandémie du nouveau coronavirus sévit sur une large partie du globe, le monde a, semble t-il, évité une autre catastrophe. En Ukraine, suite à un incendie volontaire, 20 000 hectares de forêt ont brûlé ces quinze derniers jours près de la zone d'exclusion de Tchernobyl, où un réacteur avait explosé en avril 1986.

Un nuage de fumée transporté par les vents

Les fumées émises lors de ces feux ont traversé plusieurs pays, dont la France. C’est en effet ce que montre une modélisation de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), qui a reconstitué la dispersion des masses d’air entre le 4 et le 20 avril 2020, alors que l’incendie s’est déclaré le 5 avril.

Sur les images, on peut voir que les fumées ont touché plusieurs pays d’Europe, sans pour autant balayer le Luxembourg. Ce sont les vents qui ont permis à ce nuage "nucléaire" de se disperser. Il a atteint le ciel français deux jours après le début de l’incendie (le 7 avril). Durant une semaine, il a traversé l’Hexagone.

De faibles niveaux radioactifs… sans conséquence sur la santé

L’une des régions les plus exposées est, à en croire les images, le Grand Est. D’après l’IRSN, ce phénomène ne doit pas inquiéter la population, les masses d’air enregistrées étant faiblement radioactives. En effet, les observations montrent que les niveaux de radioactivité sont extrêmement bas, et sans incidence sur la santé. Ils sont bien en dessous de 1 μBq/m3 en césium 137.
A Kiev, la situation est bien entendu plus complexe puisque les experts ont relevé jusqu’à 470 micro becquerel/mètre cube (μBq/m3) en césium 137 entre les 9 et 11 avril derniers. Mais là aussi, les autorités et les observateurs indépendants se veulent rassurants. "Le phénomène ne représente pas une menace chimique ni radiologique", a informé le service d'Etat pour les situations d'urgence. Néanmoins, à la naissance de l’incendie, Egor Firsov, chargé d’un service d’inspection écologique, avait publié une vidéo sur Facebook afin de montrer que le niveau de radioactivité était 16 fois supérieur à la normale. Heureusement, la pluie et le travail des pompiers ont permis de venir à bout des feux et d’abaisser les niveaux de radioactivité.

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