Des associations alertent sur les substances nocives dans les produits solaires pour bébés et enfants

crème solaire enfant
Des associations alertent sur les substances nocives dans les produits solaires pour bébés et enfants
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Par Justine Cerqueira publié le
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Une enquête de Wecf France et Agir pour l’environnement avertit sur les substances chimiques présentes dans certains produits solaires pour enfants.

Les vacances d’été ont officiellement commencé ce vendredi 3 juillet pour tous les enfants. Et les grands départs au soleil ont débuté dès le week-end dernier. Comme tous les ans, la crème solaire fait partie des produits phares emportés dans la valise, essentielle notamment pour protéger la peau fragile des bambins. D’autant plus que les coups de soleil pendant l’enfance augmentent fortement les risques de développer un cancer de la peau à l’âge adulte. Problème : la composition des crèmes solaire destinée aux petits est régulièrement pointée du doigt.

Deux associations ont publié un rapport alarmant ce 2 juin 2020. Wecf France et Agir pour l’environnement ont étudié la composition de 71 produits solaires pour enfants vendus dans les pharmacies et grandes surfaces. L’étude s’est concentrée sur les perturbateurs endocriniens, les nanoparticules ou allergènes. Des substances auxquelles les enfants sont particulièrement vulnérables du fait de leur peau très fine

Trop de substances préoccupantes

Les listes d’ingrédients des produits ne sont pas simples à décrypter pour les consommateurs. L’objectif de cette enquête était donc de faire toute la lumière sur la composition des produits solaires, mais aussi de trouver des accords avec les fabricants pour produire des crèmes solaires pour enfants sans danger pour la santé et l’écosystème

Au total, 29 substances problématiques ont été identifiées et classées par couleur selon leur degré de dangerosité : 10 sont classées en rouge pour extrêmement préoccupantes comme l'homosalate, contenu dans la crème Bioderma Photoderm spray enfant SPF 50. Parmi les substances "rouges", on retrouve aussi l'octocrylene, présent dans la protection Cien en spray et brume solaire. Sept autres substances sont en orange pour très préoccupantes. La crème Bioderma Photoderm lait enfant SPF 50 contient l'un d'elle (le butyl methoxydibenzoylmethane), tout comme la Lovea bio en spray hydratant SPF 50. Enfin, 12 substances en jaune sont classées préoccupantes. On en retrouve notamment dans la crème Vichy spray enfant rapide à appliquer et résiste à l'eau SPF 50 et dans la Sun Spray protection enfants peaux sensibles. 

Et les produits bio ? 

Les produits bio sont plutôt bons élèves. C'est en effet ce qui ressort de cette étude. "Les 13 produits Bio de notre enquête ne contiennent pas de substance extrêmement préoccupante (rouge), exception faite de la crème enfant Bio très haute protection filtres minéraux des Laboratoires Biarritz que nous avons analysée et qui contient du dioxyde de titane et de l’oxyde de zinc sous forme nanoparticulaire", peut-on lire sur le rapport.

Pour rappel, la cosmétique bio tolère les nanoparticules uniquement dans les solaires avec une teneur de moins de 50 % de particules ayant une taille inférieure à 100 nm. 

Une meilleure expertise demandée

Afin d'améliorer la qualité des produits, les deux associations ont formulé différentes demandes. A savoir : 

  • Une expertise de l’Anses pour évaluer les risques des produits ;
  • L’interdiction des substances classées rouges, très préoccupantes ;
  • Une action de la part de la France et la Commission européenne pour l’interdiction des perturbateurs endocriniens ;
  • Un travail dissuasif est attendu de la part des autorités compétentes (DGCCRF et ANSM) pour obliger les fabricants à respecter la réglementation sur les cosmétiques, notamment l’étiquetage des ingrédients nanoparticulaires dans les produits ;
  • Interdiction des sprays s’ils contiennent des substances dangereuses en cas d’inhalation.

La Commission européenne décide ou non de l’autorisation ou de l’interdiction d’ingrédients, en se basant sur les évaluations du SCCS, un comité scientifique indépendant qui lui est rattachée. Les ingrédients CMR (cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques) sont interdits sauf dérogations et ceux allergènes sont soumis à des restrictions. Quant aux perturbateurs endocriniens, ils sont soumis au règlement cosmétique. Enfin, l'utilisation des nanoparticules est encore tolérée puisque les études restent contradictoires sur leur toxicité. 

Des crèmes solaires non biodégradables

Par crainte de polluer les océans, certains vacanciers évitent de mettre de la crème solaire juste avant la baignade. Mais cette pratique n'évite en aucun cas la pollution des océans, des résidus de crème solaire mise précédemment, se retrouveront dans les eaux usées. Il s'agit de la première source de pollution chimique des océans, note les associations. Lorsque l’on applique de la crème solaire sur sa peau et que l’on se baigne ensuite dans la mer, 25 % de la crème se retrouve dans l’eau après 20 minutes de baignade. Chaque année, l’activité touristique génère ainsi le rejet de près de 25 000 tonnes de produits solaires dans les eaux des pays tropicaux, dont 4 000 tonnes dans les zones de corail. Résultat : 10 % du corail mondial serait directement menacé par les produits solaires.

Les crèmes solaires bio se différencient des produits classiques pour leur interdiction des filtres chimiques au profit de l’incorporation de filtres minéraux à base de dioxyde de titane et/ou d’oxyde de zinc. En revanche elles ne sont pas biodégradables.

Protéger son enfant du soleil

Vous l’aurez compris, pour faire le bon choix de protection solaire à appliquer sur la peau de votre enfant, vous devez impérativement vous renseigner sur la composition du produit, à savoir privilégier des ingrédients non classés préoccupants. Une fois muni de votre crème indice 50 minimum, veillez à renouveler l’application toutes les deux heures

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