Plaxtil, la première solution de recyclage des masques jetables

Plaxtil la première solution de recyclage des masques jetables
Plaxtil la première solution de recyclage des masques jetables
Par Claire Villard publié le
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Une start-up située dans la Vienne a développé une solution permettant de recycler les masques chirurgicaux. Aussi incroyable que cela puisse paraître, elle est la seule au monde à posséder cette technologie. Forcément, elle croule aujourd’hui sous les sollicitations.

Il y a un an, l’entreprise CDA Développement, basée à Châtellerault dans la Vienne, lance la start-up Plaxtil dont l’objectif est de recycler les déchets textiles ultimes, c’est-à-dire ceux qui ne peuvent plus être traités, en bout de chaîne. Dans son viseur : les matières en fibres mélangées que l’on sur-consomme dans les pays occidentaux, où le fléau de la fast-fashion fait des ravages. Seulement, quelques mois après son lancement, arrive dans notre quotidien ce nouvel objet : le masque chirurgical.

Rapidement, il devient un produit de consommation courante, mais son composant, le polypropylène, source de pollution potentielle. Plaxtil teste alors sa méthode, développée expressément pour les vêtements, sur les masques : et ça fonctionne.

Économie circulaire

« C’est exactement le même procédé pour les masques que pour les vêtements », assure Olivier Civil, co-fondateur de la start-up avec Jean-Marc Neveu. Sauf, bien sûr, qu’il faut passer par la case décontamination avant de transformer la matière récupérée. « Les masques sont mis en quarantaine durant une semaine après la collecte. Ensuite, on leur retire leur barrette métallique et ils passent au broyage », explique-t-il. Puis ils sont soumis à de puissants ultraviolets durant trente secondes, qui assurent l’élimination de tout virus ou germe.

Le broyat est alors transformé, selon la formule dont ils détiennent le secret, en Plaxtil, billes de polymère qui pourront être injectées dans des moules, afin de leur donner une nouvelle vie.

Dans un souci de circularité, l’entreprise fabrique essentiellement des objets destinés à la protection contre le virus : attaches et visières de masques, ouvre-portes. Mais le matériau peut tout aussi bien être utilisé pour former d’autres objets, qui auront tous en commun de pouvoir eux-mêmes se recycler à l’infini.

« On est sollicités de partout »

Concernant la collecte, « c’est une entreprise d’économie sociale et solidaire qui s’en occupe, grâce à une cinquantaine de bornes déposées autour de Châtellerault », détaille le dirigeant. Dans les grandes surfaces, les pharmacies, les cabinets médicaux, elles se sont multipliées un peu partout sur la communauté de communes. Mais bien entendu, la solution intéresse au-delà des frontières de la région. La start-up s’est faite connaître en quelques mois à l’international et travaille déjà avec plusieurs entreprises dans le monde. « On est sollicités de partout, mais on n’a pas la structure pour gérer toutes les demandes », reconnaît Olivier Civil.

Ils traitent déjà entre 100 000 et 200 000 masques par mois qu’ils reçoivent des entreprises, en plus des milliers récupérés localement. « Nous commençons à nous démultiplier. Ça n'a pas été simple de nous adapter, c’était complètement imprévu… Maintenant il nous faut gérer notre montée en puissance ! », conclut Olivier Civil.

Face aux chiffres vertigineux, et aux pronostics peu encourageants concernant l’évolution de l’épidémie de Covid-19 en ce début d’année, Plaxtil a de beaux jours devant elle et ses fondateurs peuvent se féliciter de leur innovation. Rappelons que chaque semaine, 50 millions de masques jetables sont consommés pour le seul territoire français.

Plus d’infos : www.plaxtil.com

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