La filière bio « mise à poil » par la PAC : les agriculteurs et Lucie Lucas se mobilisent et se mettent à nu !

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La filière bio « mise à poil » par la PAC : les agriculteurs et Lucie Lucas se mobilisent et se mettent à nu !
© Instagram Lucie Lucas
Par Elodie-Elsy Moreau publié le
Rédactrice en chef
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Ce mercredi 2 juin, les agriculteurs ont manifesté à Paris pour protester contre la nouvelle Politique agricole commune (PAC), qui s’appliquera dès 2023. Ils étaient environ 300, plus ou moins habillés, rassemblés sur l’esplanade des Invalides. L’objet de leur colère : la baisse drastique des subventions allouées à l’agriculture biologique qu’ils estiment être « mise à poil »…

Le 21 mai dernier, Julien Denormandie, le ministre de l’Agriculture, a présenté la nouvelle répartition de l’enveloppe française de la future Politique agricole commune (PAC) pour la période 2023-27. Une annonce qui a provoqué la colère de la Fédération nationale d’agriculture biologique (Fnab) et des organisations paysannes et écologistes réunies dans le collectif Pour une autre PAC. Car si la Politique agricole commune représente 9 milliards d’euros de subventions européennes par an pour l’agriculture, cette année, la répartition des parts destinées aux professionnels de la bio ne passe pas. 

Le budget attribué à la filière va baisser de 66 % (soit une perte moyenne de 132 euros par hectare et par an selon la Fnab) . « Il n’y aura donc plus aucune incitation financière de la part de l’Etat à arrêter d’utiliser des pesticides et des engrais azotés de synthèse », indique la Fédération. Et ce n’est pas tout : si les subventions à la conversion vers le bio sont relevées à 340 millions d’euros par an (contre 262 millions d’euros précédemment), l’aide au maintien du bio est supprimée. Une mesure pourtant entamée en 2017, et qui pourrait tout de même ralentir les conversions.

A poil pour une agriculture « déshabillée » !

Suite à ces arbitrages, la Fédération a lancé le mouvement « la bio à poil », et une pétition pour demander une politique agricole « bonne pour notre santé, l’environnement, les agriculteur-rice-s et nos enfants ». Depuis, de nombreux agriculteurs font tomber le haut et le bas sur les réseaux sociaux, en prenant soin de cacher leur intimité avec des pancartes par exemple.

 

Et hier, suite à l’appel de la Fnab pour manifester, ils étaient près de 300 rassemblés sur l’esplanade des Invalides pour dénoncer ces nouvelles directives.
Pour le président de la Fnab, Philippe Camburet, le gouvernement veut « rhabiller confortablement une certaine agriculture quitte à en déshabiller une autre ».

De son côté, le ministère de l’Agriculture affirme que « le soutien à la bio augmente » via les aides à la conversion. « Les aides doivent être là pour aider à la transformation, pas maintenir des privilèges », explique-t-il. Insuffisant pour les professionnels du secteur. Le collectif pour une autre Pac espérait, en effet, environ trois fois plus. Actuellement, seuls 2 % du budget de la PAC sont consacrés à la bio.

Plusieurs personnalités soutiennent ce mouvement

L’eurodéputé écologiste Yannick Jadot, Audrey Pulvar, adjointe d’Anne Hidalgo en charge de l'alimentation durable et de l'agriculture, et candidate choisie par les socialistes pour porter la campagne des régionales en Ile-de-France et le député Cédric Villani étaient présents lors de cette manifestation parisienne.

De son côté, l’actrice Lucie Lucas, qui tient le rôle principal dans la série Clem, également connue pour son engagement pour l’écologie, a fait part de son mécontentement sur les réseaux sociaux en posant aussi dans le plus simple appareil. La comédienne est d’ailleurs candidate aux élections régionales en Bretagne.

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