Vitamine D : attention aux surdosages chez les enfants !

enfant, verre de lait, salade, pomme
Un enfant prends des aliments ayants des vitamines
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Par adele ndjaki publié le
Journaliste
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Ces derniers mois, plusieurs cas de surdosages en vitamine D ont été constatés chez les enfants. Face à ce phénomène, l’Anses rappelle ses recommandations sur la question.

La vitamine D est essentielle au bon fonctionnement de l'organisme. Également appelée la vitamine de l’immunité, elle est cruciale, surtout durant la croissance des tout-petits. Cette vitamine protège les dents, les os, les intestins ou encore le système immunitaire. Si une supplémentation quotidienne doit être apportée aux enfants de la naissance à 18 mois, les parents doivent toutefois veiller à ne pas dépasser la posologie. Et pour cause, plusieurs cas de dosages excessifs ont été  observés ces derniers mois. Or, les conséquences d’un surdosage en vitamine D peuvent être graves : hypercalcémie (taux excessif de calcium dans le sang), néphrocalcinose (dépôt de calcium dans le rein) ou encore des atteintes rénales.

"La vitamine D intervient dans le processus de défense immunitaire de l’organisme mais personne n’a dit qu’il fallait se surdoser en vitamine D", nous explique le Dr Fabienne Kochert, présidente de l’Association française de pédiatrie ambulatoire (Afpa). Pour pallier ce phénomène, l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) donne à nouveau ses recommandations sur le sujet. 

Les parents doivent contrôler les doses administrées (vérifier la quantité en vitamine D par goutte), ne pas acheter de compléments alimentaires sur Internet ou encore ne pas intensifier la consommation de vitamine D pour les enfants. 

La faute à la crise sanitaire 

Comment expliquer ces surdosages en série ? Selon la présidente de l’Afpa, la grande popularité des compléments alimentaires due à la Covid-19 et la mauvaise image qu’ont certains des produits pharmaceutiques expliquent ce phénomène. 

Les spécialistes ont en effet observé une recrudescence de surdosages chez les enfants depuis l'apparition de la pandémie de coronavirus. L'idée selon laquelle les compléments alimentaires seraient plus efficaces que les médicaments a conduit "les parents à donner davantage de compléments alimentaires à leurs enfants." 

Pourtant, le Dr Kochert avertit : certains compléments seraient  plus élevés en vitamine D que les produits recommandés. "Effectivement, une goutte de certains compléments alimentaires peuvent représenter 1000 UI. Donner quatre gouttes revient à donner 4000 UI et engendre un surdosage". La présidente de l’Afpa relève par la même occasion que les médicaments vendus en France sont examinés par l’agence de contrôle du médicament : "on connaît leurs taux en vitamines D. Concernant les compléments alimentaires, aucune information sur la composition n’est donnée."

Supplémentation en vitamine D : et après 18 mois ?

En France, les recommandations en vitamine D concernent majoritairement les enfants de 0 à 18 mois. Le Dr Fabienne Kochert précise que deux à quatre gouttes (une goutte équivaut normalement à 300-400 UI) sont généralement données aux bébés. Selon la présidente de l’Afpa, "au-delà de 18 mois, il n’y a plus de recommandation. Donner de la vitamine D en petite dose jusqu’à 2 ans ne pose pas de problème. Mais de 18 mois à 2 ans, il est recommandé de donner de la vitamine D uniquement en période de faible ensoleillement (octobre-mars/avril)." En outre, la prise d’ampoules tous les deux ou trois mois n’est pas conseillée. En effet, elles seraient fortement dosées en vitamine D. Le Dr Kochert préconise de petites doses régulières plutôt que de fortes concentrations en vitamine D consommées ponctuellement

Des recommandations en cours d’actualisation

Les recommandations concernant la supplémentation en vitamine D en France sont en cours d’actualisation. En effet, les recommandations nationales vont être alignées aux recommandations européennes selon l’ANSM et l’Anses. Ainsi, la supplémentation quotidienne de vitamine D préconisée s’élèvera à :

  • 400 UI par jour de 0 à 18 ans chez l'enfant en bonne santé sans facteur de risque ;
  • 800 UI par jour de 0 à 18 ans chez l'enfant présentant un facteur de risque.

 

 

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