La vitamine D naturelle, source d’éternelle jeunesse ?

Vitamine D
La vitamine D naturelle, source d’éternelle jeunesse ?
© Pixabay
Par Charlotte Vierne publié le
Journaliste indépendante
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Indispensable pour les os et la santé en général, recommandée par l’académie de médecine pour diminuer les effets de la COVID-19, la vitamine D serait-elle également le Graal contre les effets du temps ? Pour le dermatologue Paul Dupont, l’hormone solaire, dès lors qu’elle est naturelle, porte en elle la promesse d’un meilleur vieillissement.

Selon les derniers chiffres de l’Académie de médecine, près de 80 % de la population française présenterait un manque en vitamine D ! Une carence propre à nombre de pays développés et résultant, pour partie, des recommandations de santé publique en matière d’exposition solaire. Alors que la vitamine D est directement synthétisée par l’organisme à partir du rayonnement solaire sur la peau, la diabolisation de l’exposition au soleil et l’utilisation généralisée de crème protectrice, bien qu’essentielle, pour prévenir le mélanome ont largement contribué à ce déficit. Et cet état de fait est également accentué par nos modes de vie. En cause ? « Le fait que l’être humain soit de plus en plus coupé de son milieu naturel, qu’il vive le plus souvent dans des bureaux ou des appartements recevant peu de lumière » indique le Dr Paul Dupont, dermatologue et ancien chef de clinique en Endocrinologie-nutrition, avant de souligner également le rôle délétère de certains médicaments (les antifungiques, les antibiotiques et les antihypertenseurs notamment), des pesticides et des produits phytosanitaires. « En réalité, plus on est soumis à de la pollution, plus le cytochrome (coenzyme aux propriétés oxydoréductrices) est sollicité, et moins il peut assurer l’hydroxylation de la vitamine D nécessaire à son activation. »

Un rôle avéré dans la prévention des maladies

Une situation d’autant plus regrettable que « la vitamine intervient dans presque toutes les fonctions vitales de l’organisme ». Transportée dans le foie et le rein où elle est transformée en hormone active, la vitamine D « agit sur tous les tissus en régulant leur fonctionnement, leur croissance et leur régénération. Et, si cela n’a pas encore été empiriquement démontré, ma conviction est qu’elle agit certainement sur les gènes. » Responsable de l’absorption intestinale du calcium et de la santé osseuse, son intérêt dans la prévention du rachitisme est irréfutable. Mais elle présente également des effets non classiques : chez les personnes âgées, un déficit en vitamine D a ainsi pour conséquence une faiblesse musculaire responsable de nombreuses chutes, les exposant à un risque de fracture.

Diverses études ont, par ailleurs, démontré son rôle dans la prévention du syndrome démentiel et de la maladie d’Alzheimer. Et ce n’est pas tout, un faisceau d’indices tend à établir que le déficit de vitamine D serait également relié à l’apparition de certains cancers (sein, pancréas, prostate et cancer colorectal notamment), de maladies métaboliques telles que le diabète et de pathologies auto immunes comme la polyarthrite rhumatoïde. Modulant le fonctionnement du système immunitaire, la vitamine D permettrait, en outre, de prévenir le développement de maladies infectieuses telles que la grippe. Dans un communiqué en date du 22 juin 2020, l’Académie de médecine a souligné son action protectrice contre les formes graves de COVID-19 : la vitamine D « joue un rôle dans la régulation et la suppression de la réponse inflammatoire cytokinique à l’origine du syndrome de détresse respiratoire aigu qui caractérise les formes sévères et souvent létales de Covid-19 », a-t-elle indiqué.

De plus, selon la dernière étude de l’institut Pasteur publiée ce 24 février 2021, la progression de la vaccination ne permettra pas d’éviter un pic des hospitalisations supérieur à celui constaté lors de la première vague de l’épidémie. Une surveillance de la concentration en vitamine D dans le sang apparaît alors des plus recommandables.

Un dosage encore non obligatoire

Pourtant, dans un rapport en date d’octobre 2013, la Haute Autorité de Santé a conclu à l’absence d’utilité démontrée du dosage de la vitamine D en population générale. Ainsi, en dehors des cas de suspicion de rachitisme ou d’ostéomalacie, de suivi ambulatoire de l’adulte transplanté, de chirurgie bariatrique, ou chez les personnes âgées sujettes aux chutes et lors de la prise de médicament préconisant le dosage de cette vitamine D, ce test simple n’est pas pris en charge par l’Assurance maladie. Un non-sens pour le docteur Dupont qui milite pour un dosage obligatoire, « à mettre en place dans le cadre des examens de la médecine du travail par exemple ». Pour ce dernier, cette analyse « devrait se voir réaliser régulièrement, d’autant plus que l’on sait aujourd’hui que la carence en vitamine D peut conduire à la dépression profonde voire même au suicide. » Il permettrait en tout cas de sensibiliser le patient sur la conduite à tenir pour pallier un éventuel déficit et, au besoin, de mettre en place une complémentation.

L’hormone solaire, où la trouver ?

« De la Toussaint à Pâques, une exposition solaire raisonnée, sans protection, de vingt minutes par jour avant onze heures et après seize heures suffit normalement à répondre aux besoins de l’organisme en vitamine D. » Mais la vitamine D est également présente dans certains aliments, tels que les foies de volaille et de poisson, le foie de morue. Attention, en raison du rétinol contenu dans les huiles de foie, celles-ci sont déconseillés chez la femme enceinte.

On trouve la vitamine D également dans les œufs de poisson, les fruits de mer, le jaune d’œuf et les champignons. Autant d’aliments que, malheureusement, nous ne consommons pas tous les jours, d’où l’intérêt de se supplémenter. Le professeur Dupont la recommande d’ailleurs d’office pour certaines catégories de la population : « Avec l’âge, la synthèse cutanée se fait plus difficilement, je recommande donc une supplémentation à partir de la soixantaine. » Il en est de même des végétariens sédentaires, plus enclins à un déficit que le reste de la population. Mais dans nos sociétés modernes, une supplémentation en vitamine D pendant les mois d’hiver apparaît finalement salutaire pour tout un chacun et cela, même en l’absence de dosage. Reste à choisir judicieusement sa supplémentation tant toutes les vitamines D ne semblent pas se valoir.

D2, D3 : alterner les sources

On distingue deux formes de vitamine D : la première est la vitamine D animale. Nommée cholécalciférol ou vitamine D3, elle est directement fabriquée par la peau sous l'effet des ultraviolets B du rayonnement solaire, à partir du cholestérol et d’une pré-vitamine. « C'est la seule vitamine dont l'organisme a conservé la fabrication. Les autres vitamines indispensables à la vie lui étant en effet fournies par l’alimentation ». La seconde, d’origine végétale, est nommée ergocalciférol ou vitamine D2 : cette forme non synthétisée par l'homme, se trouve présente surtout dans les aliments comme les levures, les champignons et les céréales. Elle se retrouve également en quantité très faible dans les végétaux et est issue de l'effet des ultraviolets sur une pré-vitamine : l'ergostérol. Pour le professeur Dupont, « il est utile d’alterner en se supplémentant une semaine en vitamine D2 et la suivante en vitamine D3. »

Il insiste également sur l’efficacité de la vitamine D sous forme d’huile de foie de morue, qui pourrait être intéressante en période épidémique. A ce propos, une étude norvégienne, s’étendant sur deux ans, est actuellement en cours pour évaluer ses bénéfices contre le Sars-CoV-2. « Nous avons en effet observé que les gens qui prenaient de l’huile de foie de morue s’enrhumaient moins : il y a donc une protection immunitaire constatée au niveau des fosses nasales aériennes nous poussant à recommander de faire des cures d’huile de foie de morue et de flétan dès les périodes à risque que constituent l’automne, l’hiver et le printemps ». Mais, ce qui lui semble aujourd’hui primordial est par-dessus tout de distinguer les formes naturelles vivantes de Vitamine D de leurs copies synthétiques mortes.

Privilégier la vitamine D naturelle

« Nous devrions pouvoir démontrer, dans les années à venir que seules les vitamines issues de la nature, et qui ont été créées par l'action directe de l'énergie du rayonnement solaire, sont potentiellement bénéfiques. Alors que ce qui provient d’une poudre synthétique hors de l’énergie solaire n’est que matière morte, et dans certaines conditions, sûrement nocif ». Pour Paul Dupont, « les molécules organiques fabriquées par le végétal et l’animal captent une énergie venant du Soleil ensuite véhiculée à l’intérieur de l’organisme où elle est libérée. Cela, la molécule de synthèse ne peut pas le faire car c’est une nature morte non chargée de cette énergie solaire ».

En outre, les vitamines synthétiques présentent bien souvent un risque de surdosage que l’on ne retrouve pas chez leur pendant naturel. Il convient donc de privilégier une supplémentation en vitamine D naturelle, laquelle pourrait également faciliter, « même si cela n’a pas encore été démontré, un phénomène épigénétique de protection de l’ADN » et donc un meilleur vieillissement !


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