Sideritis : le thé des montagnes grecques pour une santé de "fer"

Sideritis
Sideritis
Stocklib
Par Claire Villard publié le
Journaliste indépendante
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Ses fleurs séchées, que l’on consomme en infusion ou en décoction, ressemblent à de petites boules de velours gris-vert. Son goût peu prononcé et légèrement terreux en fait une plante facile à déguster, et c’est une bonne nouvelle. Car si en France il est encore peu connu, le sideritis est une plante aux propriétés multiples, que nos voisins des pays de l’est se sont appropriés depuis bien longtemps.

La plante des bergers grecs

Le sideritis est en réalité un genre composé de quelque 150 espèces de plantes. Celles qui sont les plus utilisées en phytothérapie sont les scardica, syriaca et hyssopifolia. Cette dernière espèce est d’ailleurs classée comme espèce protégée : elle n’est autorisée à être cueillie que pour la consommation personnelle. La plupart des autres, en revanche, poussent allègrement en altitude dans les îles méditerranéennes et les Balkans : la Grèce et la Crète essentiellement, mais aussi l’Albanie et la Bulgarie. Certaines se rencontrent sur les falaises surplombant la mer, d’autres sur les sols rocailleux en altitude, et parfois à plus de 1200 mètres. Cela en fait une plante particulièrement résistante aux écarts de température, d’une rusticité stupéfiante : on dit qu’elle supporte jusqu’à -20°C durant l’hiver, et qu’elle survit à la sécheresse extrême de l’été.
Traditionnellement, elle était récoltée par les bergers qui se préparaient alors des infusions de cette plante aux super-pouvoirs, et plus spécialement pendant les mois les plus froids. C’est la raison pour laquelle elle est appelée parfois « thé du berger », plus souvent encore « thé des montagnes », parfois « thé des montagnes grecques » ou même « thé des Alpes ».

Anti-refroidissement

Le sideritis est une véritable plante miracle. D’abord, il est très riche en fer, comme son nom l’indique puisque « sideros » en grec, signifie « fer ». La teneur de ses fleurs et de ses feuilles en flavonoïdes explique ses propriétés anti-oxydantes. Ainsi, sideritis contribue à prévenir des effets du vieillissement, peut agir comme protection contre les maladies cardio-vasculaires et abaisser la pression artérielle. Il permet en règle générale de lutter contre l’anémie, booste les défenses immunitaires de l’organisme, aide à se protéger des refroidissements. En somme, un bon antidote contre les rhumes, les bronchites et toutes les affections bénignes de l’hiver.  En outre, ses vertus diurétiques permettraient de soulager les diarrhées et faciliteraient la digestion. Par ailleurs, une étude allemande a récemment planché sur les effets potentiels favorables du sideritis pour stopper l’évolution de la maladie d’Alzheimer.*

Il existe très peu de contre-indications au thé des montagnes. On l’évitera uniquement en cas de grossesse, les études n’étant pas suffisamment nombreuses pour exclure tout risque de fausse couche.

Comment préparer un thé des montagnes

Le sideritis se trouve facilement en herboristerie. Ce sont ses parties aériennes, feuilles et fleurs, qu’on utilise en tisane, infusion ou décoction.

Comptez une grosse cuillère à café pour une tasse de thé : faites infuser cinq à dix minutes dans de l’eau très chaude.
La tisane s’agrémente d’une cuillère de miel ou d’un trait de citron pour un breuvage imparable contre les maux d’hiver.
On recommande d’en consommer au moins trois tasses par jour, et comme le sideritis ne contient pas de caféine, il n’est pas excitant et peut être bu à tout moment de la journée, avant le coucher y compris.