La maison flottante, le nouvel habitat écolo ?

Maison flottante
Maison flottante
Stocklib
Par Claire Villard publié le
Journaliste indépendante
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Nul besoin d’avoir le pied marin pour vivre sur l’eau ! La maison flottante, appelée aussi houseboat, se veut un habitat insolite offrant une vue privilégiée sur son environnement, mais surtout une alternative écologique en matière d’habitat. On fait le point sur ses avantages et ses inconvénients.

Une maison ou un bateau ?

Les houseboats ont clairement le vent en poupe en France, où, jusqu’à présent, elles se contentaient de faire office de logements insolites pour amoureux en vacances. Elles se développent désormais sur le modèle de ce qui se fait dans les pays scandinaves ou aux Pays-Bas, et des sociétés proposent aux particuliers de leur fournir leur maison flottante clef en main. Ces habitats consistent en réalité en un ponton, c’est-à-dire une plate-forme posée sur l’eau grâce à des flotteurs, et sur laquelle est érigé un bâtiment, plus ou moins grand : cela peut aller de la petite cabane au cottage pour six personnes.

Avant de se lancer, la première question à se poser est la suivante : maison amarrée ou maison autonome ? Dans le premier cas, elle sera raccordée au réseau électrique par câble. Pour les eaux usées, il est possible d’installer une pompe connectée à la berge. Dans le second cas, ce sera l’option panneaux photovoltaïques qui sera de mise pour que la maison puisse être autosuffisante, ainsi qu’une solution de stockage des eaux usées. Tout dépend si vous souhaitez naviguer avec cette maison, ou simplement flotter tranquillement en bordure d’un quai ou d’un lac.

Quel impact sur l’environnement ?

Pas de fondation signifie un impact réduit sur l’environnement lors de la construction. Néanmoins, les matériaux nécessaires à sa mise en œuvre ne sont pas toujours écolo : des flotteurs souvent en polyéthylène et une plate-forme en aluminium. Certaines sociétés proposent des flotteurs en béton, un matériau neutre qui a le grand avantage de ne libérer aucune particule toxique dans l’eau : à privilégier, donc.

Ces maisons flottantes ne sont pas toutes forcément écologiques, mais elles répondent en revanche à un vrai problème environnemental mondial : la montée des eaux due au réchauffement climatique et la trop forte concentration de population sur certains territoires. C’est la raison pour laquelle dans certaines régions du monde, plutôt que de bâtir toujours plus en hauteur ou de bétonner des espaces naturels, on commence à investir les plans d’eaux, les lacs ou les mers.

Pour un usage privé, à l’échelle d’une famille, l’avantage est plutôt dans le confort et la grande sensation de liberté qu’elle procure. En effet, avec une maison flottante, on peut, selon les saisons et les envies, déplacer soi-même sa maison. Cela simplifie les déménagements !

Maison flottante : coût et construction

La construction est plutôt simple, puisqu'il s’agit de poser une structure en bois sur une plate-forme, elle-même posée sur des flotteurs. Lors de l’aménagement, il est indispensable de veiller à la répartition des charges : on ne met pas tout l’électroménager et le mobilier de salon du même côté !

Côté budget, à titre indicatif, il faut prévoir entre 200 000 et 400 000 € pour une maison de 100m2 sans motorisation. Attention, pour les houseboats amarrées de façon permanente, il faut compter également la redevance qui peut aller de plusieurs centaines à plusieurs milliers d’euros par an selon la commune où vous êtes installé.

Le marché de l’occasion existe également dans ce secteur : comme pour un bateau ou un appartement, les propriétaires de houseboats désireux d’en changer les vendent à des prix plus accessibles sur les sites spécialisés.

Où ai-je le droit de poser ma maison flottante ?

En France, ces logements sont considérés comme des bateaux. Cela signifie dans un premier temps qu’ils doivent être immatriculés. Si vous souhaitez naviguer avec, il sera nécessaire de posséder un permis fluvial pour passer les écluses. Si vous comptez installer votre maison flottante sur une rivière ou un fleuve, c’est aux Voies navigables de France qu’il faut en faire la demande. Sur un lac, en revanche, il faudra demander un permis de construire à la commune concernée.

Gardez en tête que ces maisons étant encore très peu communes en France, il existe un grand vide juridique autour de leur construction et leur usage. C’est la raison pour laquelle il vaut mieux la faire bâtir par une société spécialisée qui saura vous dire quels sont vos droits et devoirs selon votre projet.

Et avant de vous lancer, pourquoi ne pas vous rendre à Ijburg au sud d’Amsterdam ? Ce quartier résidentiel de la capitale hollandaise est constitué de plusieurs îles artificielles et expérimente depuis quelques années les habitats flottants, qui vont du studio au grand loft lumineux, pour un coût bien inférieur à celui sur la terre ferme.