Le lait de chèvre, vraiment plus sain que le lait de vache ?

Le lait de chèvre, vraiment plus sain que le lait de vache ?
Par Magali Walkowicz publié le
Diététicienne-nutritionniste, journaliste et auteure

Nombreux sont ceux qui voient dans le lait de chèvre une alternative très saine au lait de Vache. Vrai ou faux ? Le point pour vous.

Le lait de vache n’a plus le vent en poupe. Le PNNS, Plan National Nutrition Santé, qui met en avant le besoin de manger des produits laitiers matin, midi et soir, à tout-âge, pour être ou rester en bonne santé, n’est plus crédible. La raison ? Les études ont montré que le lait de vache n’était pas la panacée. Il serait indigeste, allergisant, mais aussi potentiellement inflammatoire, porteur de facteurs de croissance tumorale. Nombreux sont donc ceux, qui concernés par des problèmes de ballonnements, douleurs digestives, douleurs inflammatoires, problèmes récurrents de peaux, ou encore porteurs d’un cancer hormono-dépendant cessent d’en consommer.

Mais toute suppression d’un aliment ou groupe d’aliment, fait toujours place à une solution de substitution. Et c’est ainsi, que le lait de chèvre (et ses déclinaisons : yaourts, crème, fromages) a fait une entrée remarquable dans l’alimentation du quotidien. Mais est-ce vraiment une bonne idée ?

 

Lait de vache et lait de chèvre : une composition pas si différente.

Ces deux laits contiennent :

  • les mêmes protéines, des caséines (notamment des α-s-caséine, β-caséine,  Κ-caséine)  des protéines de petit lait (dont α-Lactalbumine et β-lactoglobuline, de l’albumine). Certes il y a moins de caséines et de caséine alpha-S1 allergisante dans le lait de chèvre mais il contient plus de bêta-lactoglobuline allergisante que le lait de vache ;
  • le même sucre de lait, le lactose. Il y en a légèrement moins dans le lait de chèvre mais rien de significatif.

Donc si vous avez une intolérance à l’un de ces composants ou une allergie et que c’est la raison qui vous a fait arrêter le lait de vache, au profit du lait de chèvre, comprenez que c’est une fausse solution. D’ailleurs, sans surprise, il n’y a pas véritablement d’études scientifiques attestant que le lait de chèvre est mieux que le lait de vache sur le point des intolérances et des allergies.

Concernant le troisième macronutriment, le gras, les deux contiennent du gras en quantité similaire.  La principale différence est que le lait de chèvre contient moins de cholestérol et plus d’acide gras saturé à chaîne courte, préférables aux acides gras à chaîne longue et que le lait de vache apporte plus de graisses monoinsaturées. Dans tous les cas, des acides gras qui ne vont pas perturber la santé cardiovasculaire !

A qui profite le lait de chèvre ?

Le lait de chèvre convient donc surtout aux consommateurs de lait ou produits laitiers :

  • qui n’ont ni allergie, ni intolérance (qui engendre ballonnements, douleurs digestives, nez qui coule et/ou maux de tête, inflammations…) ;
  • qui veulent récupérer du calcium via le lait de brebis  car il contient 50 % de calcium de plus que le lait de vache. Mais notez que du calcium il y en a aussi dans l’eau, les légumes, les oléagineux, les sardines etc ;

Pour être de qualité, le lait de chèvre doit être bio. Évidemment, en hiver, le lait de chèvre bio ne sera plus disponible car le mode d'élevage des chèvres respecte leur cycle.

  • les intolérants ou allergiques au lactose ou aux protéines laitières ;
  • à ceux souffrant de cancers hormono-dépendants car c’est une source d’oestrogènes et  d'IGF-1 (facteur de croissance) comme le lait de vache. Même si les quantités sont plus basses, les chèvres étant de plus petite taille. Et même si l'IGF-1 du lait n'a probablement pas une influence considérable sur le niveau de notre IGF-1. Dans tous les cas, les protéines laitières des deux laits posent deux autres problèmes. L'insuline et l'enzyme mTor sont stimulées par les protéines de petit-lait, et les caséines stimulent notre niveau d'IGF-1 plasmatique. La protéine mTor, comme l'IGF-1, pousse la croissance et la prolifération des cellules, ce qui peut avoir des conséquences néfastes quand on prend de l'âge et qu'on consomme beaucoup de produits laitiers. Cela pourrait expliquer des prises de poids, surtout sur le tour de taille et la prévalence des cancers de la prostate chez les gros consommateurs de produits laitiers ;
  • les diabétiques car les protéines laitières des deux laits, surtout lorsque les produits laitiers sont consommés le soir, élèvent la glycémie.

Peut-on se passer de lait animal ?

Le lait et les produits laitiers ne sont pas des aliments indispensables. Si votre profil vous permet d ‘en consommer quotidiennement, le lait de chèvre est une alternative saine au lait de vache. Mais notez tout de même que le lait de vache issu de vaches de races traditionnelles, élevées de manière respectueuses, nourries majoritairement au pré, convient très bien aussi dans ce cas-là.