Une femme se retrouve paralysée après avoir consommé une soupe périmée

Une femme se retrouve paralysée après avoir consommé une soupe périmée
Une femme se retrouve paralysée après avoir consommé une soupe périmée
Par Cécilia Ouibrahim publié le
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Une femme a contracté le botulisme et s’est retrouvée “quasi totalement paralysée” après avoir consommé une soupe périmée.

Une habitante de l’Essonne (91) a mis sa santé en péril après avoir ingéré une soupe périmée, raconte Le Parisien ce mercredi. La femme serait "quasi totalement paralysée" avec "très peu d’espoir de récupération", explique une amie de la famille au quotidien. Après un malaise survenu fin août, la patiente a été admise à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Les médecins ont d’abord diagnostiqué un accident vasculaire cérébral avant de finalement conclure à un cas de botulisme, une "affection neurologique grave provoquée par une toxine très puissante produite par la bactérie Clostridium botulinum", peut-on lire sur le site de l’Institut Pasteur. La toxine botulique est d’autant plus dangereuse qu’elle ne modifie ni le goût, ni l’odeur des aliments, alerte Le Parisien.

Un produit périmé depuis trois semaines

L’Agence régionale de santé (ARS) a averti les autorités sanitaires pour établir l’origine de l’infection. Une soupe périmée, rangée dans le frigo de la patiente, a retenu l’attention des enquêteurs de la répression des fraudes. Le produit affichait une DLC (date limite de consommation) fixée au 4 août, soit trois semaines avant l'absorption de la soupe. La société qui produit la soupe, non citée par les enquêteurs, a déclaré avoir pris "très au sérieux" cette information. Les agents sanitaires n’ont identifié aucun problème sur les 630 références du lot vendues. Selon l’entreprise, la négligence aurait été commise par la consommatrice. "Compte tenu de la durée d’incubation, trois jours selon l’agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), de la date d’hospitalisation de la patiente, fin août, et de la date limite de consommation du produit, le 4 août, il est avéré que la personne malade a consommé un produit périmé", explique la marque au journal. Et d’ajouter : "il s’agit d’une soupe pasteurisée et comme tous les produits de ce type, elle est chauffée au-delà de 80 °C. C’est ce qui garantit une pasteurisation mais pas une stérilisation. Elle doit donc être conservée au frais et consommée dans un délai de 30 jours maximum. Au-delà de cette DLC, la fraîcheur d’un produit de ce type ne peut pas être garantie". 
La société fabricante a été mise hors de cause après que les autorités aient analysé son mode de production.

Une bactérie “plus puissante que le cyanure”

Le botulisme résulte généralement d’une intoxication alimentaire, notamment après la consommation d’aliments mal conservés. Cette maladie, pourtant rare, est mortelle dans 5 à 10 % des cas, précise l’Institut Pasteur.

Interrogée par Le Parisien, le Dr Christelle Mazuet, responsable du centre national de référence Bactéries anaérobies et botulisme de l’Institut Pasteur, explique que la bactérie à l’origine de la maladie est "extrêmement puissante".

"C’est la plus puissante du monde végétal, microbien ou encore animal. Elle est plus puissante que le cyanure." Même en très faible quantité, cette toxine que l’on retrouve dans les aliments peut paralyser un patient en un temps record.
La toxine demeure cependant rare dans les soupes. Elle est en général présente dans les conserves artisanales et le jambon cru. Dans les colonnes du quotidien, le Dr Christelle Mazuet rappelle la nécessité de respecter les dates limites de consommation. "Il est également primordial de ne pas rompre la chaîne du froid et de bien régler son réfrigérateur à 4 °C", poursuit la spécialiste.

Si les dates de péremption représentent 20 % du gaspillage alimentaire en France, il est important de les respecter et de ne pas confondre la DLC (à consommer jusqu’au) et la DDM (date de durabilité minimale ou à consommer de préférence avant). 

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