Acné, eczéma, psoriasis : faire peau neuve avec le CBD ?

Acné, eczéma, psoriasis : faire peau neuve avec le CBD ?
Acné, eczéma, psoriasis : faire peau neuve avec le CBD ?
© Pixabay
Par Charlotte Vierne publié le
Journaliste indépendante
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Le CBD a le vent en poupe ! C’est que ce « cannabis ligth et légal » présente un potentiel thérapeutique démontré pour de nombreuses pathologies. Parmi elles, les maladies de peau telles que l’acné, l’eczéma et le psoriasis que le cannabidiol pourrait aider à contenir.

Huiles, compléments alimentaires et produits cosmétiques en tous genres, e-liquide pour cigarette électronique mais aussi pâtes, graines et même tisanes... en France, le CBD a le vent en poupe ! Encore inconnue du grand public il y a quelques années, cette molécule extraite du chanvre (cannabis sativa) compte de plus en plus d’adeptes dans l’Hexagone où, depuis 2018, pas moins de 500 échoppes spécialisées ont ouvert leurs portes.
Un engouement qui se retrouve également chez nos voisins européens où, si l’on en croît la récente étude réalisée par le Brightfield Group, le marché du cannabidiol devrait connaître une croissance de plus de 400 % d’ici 2023 ! Alors, effet de mode ou remède miracle ? Si le CBD fait florès auprès de la population, il semble également susciter un intérêt scientifique à la hauteur du large spectre de ses usages thérapeutiques.

Un « cannabis ligth » d’intérêt thérapeutique

Comptant au nombre des 60 composants du cannabis sativa, le CBD constitue le second cannabinoïde le plus étudié après le THC ! Et si, au contraire de ce dernier, on ne lui connaît aucun effet stupéfiant, son potentiel thérapeutique pourrait, en revanche, largement dépasser celui de son cousin psychotrope. Légal en France dès lors que sa concentration en THC n’excède pas les 0,2 %, le cannabidiol est d’ores et déjà présent dans plusieurs médicaments : parmi eux, le Sativex (soulageant les contractures douloureuses chez les patients atteints de sclérose en plaque), l’Epidiolex (utilisé pour le traitement des crises épileptiques) ou encore le Canador (traitant des symptômes de la sclérose en plaques et de l’anorexie).

Outre ses propriétés apaisantes démontrées lui conférant une légère action anxiolytique, l’intérêt thérapeutique du CBD semblent donc concerner un large spectre de pathologies. Il est ainsi fréquemment utilisé dans le traitement des convulsions, de l’inflammation ou encore des nausées et pourrait présenter des indications dans certaines formes d’épilepsie, dans la maladie de Parkinson, la schizophrénie et les troubles du sommeil. Certaines études ont par ailleurs souligné son intérêt pour inhiber la croissance des cellules cancéreuses et, bien que les analyses cliniques en la matière soient encore balbutiantes, le CBD pourrait aussi aider à traiter de nombreuses affections dermatologiques.

Le CBD : un remède cutané ancestral

L’utilisation du Cannabis sativa à des fins dermatologiques est en effet une pratique ancestrale. Sa première utilisation connue remonte à la Chine ancienne où les préparations à base de cannabis servaient à traiter les éruptions cutanées, les ulcères, les blessures et même la chute de cheveux.
De même, l’Egypte ancienne y avait recours pour favoriser la cicatrisation de blessures. La médecine arabe médiévale n’est pas en reste puisque les feuilles de cannabis étaient utilisées dans le traitement de maladies de peau telles que le pityriasis versicolor ou le lichen plan. Au XXe siècle, avant la Prohibition, les teintures de cannabis fleurissent dans les pharmacies américaines qui les recommandent dans le traitement des callosités ! Et lorsque l’on exhume cette longue tradition commune d’utilisation des cannabinoïdes à des fins dermatologiques, on peut s’étonner que malgré ces savoirs bien ancrés, la recherche médicale sur l’utilisation des cannabinoïdes dans le traitement des pathologies cutanées soit, à l’heure actuelle, l’un des champs d’investigation les moins exploités. Si les données cliniques sur l’efficacité des cannabinoïdes dans le traitement des maladies dermatologiques restent donc lacunaires, des preuves de leur efficacité dans le traitement des maladies inflammatoires de la peau (psoriasis, eczéma, acné) ont néanmoins été rapportées ces quinze dernières années.

Psoriasis, dermite, eczéma

Récemment, les progrès dans notre compréhension du système endocannabinoïde de la peau (SEC, agissant dans la régulation de nombreux processus physiologiques fondamentaux de notre corps) ont permis de confirmer scientifiquement le potentiel thérapeutique du cannabidiol dans le traitement de nombreuses pathologies cutanées. En juin 2018, une étude menée sur la base de la littérature médicale existante par Robert Dellavalle, chef du service Dermatologie de l’université du Colorado (Etats-Unis), a conclu « au potentiel effectif de traitement de l’acné vulgaris, la dermatite de contact allergique, l’eczéma astéatotique, le sarcome de Kaposi, le prurit et le psoriasis ». Même si elle reste à confirmer par des essais pré-cliniques, cette étude a permis de mettre en évidence le potentiel du cannabidiol dans la stimulation du système endocannabinoïdes.

Dès lors que l’on considère qu’une pathologie telle que le psoriasis consiste en un phénomène d’emballement du système de renouvellement des cellules cutanées, on comprend aisément que la stimulation de la régulation du SEC sous l’action du CBD ait un effet jugulateur des symptômes de cette pathologie. Cet impact favorable avait d’ailleurs été démontré en février 2007 dans une étude de l’Université de Nottingham concluant « au potentiel thérapeutique du CBD dans la réduction des éruptions cutanées psoriasiques ». Et s’il ne permet sans doute pas de guérir les affections dermatologiques que sont le psoriasis, l’eczéma ou l’acné, il participe indubitablement à la réduction des symptômes.

Anti-démangeaisons et anti-inflammatoire

Grâce à son impact sur la production d’anandamide, un neurotransmetteur cannabidoïde également appelée « molécule de l’extase » en raison de son rôle positif sur la régulation de l’humeur, le CBD booste le système endocannabinoïde ce qui a pour conséquence d’engendrer un effet anti-inflammatoire et anti-démangeaisons.

Pour le docteur Dellavalle, « le CBD constitue une alternative naturelle particulièrement intéressante chez les patients résistants aux traitements traditionnels ». Une réponse naturelle d’autant plus appréciable qu’elle ne présente, contrairement au THC, que très peu d’effets indésirables et qui participe à l’amélioration de l’aspect, de l’hydratation et de l’élasticité de la peau.
A croire que le CBD pourrait aussi éloigner les signes du temps ! Une promesse que l’on voit également fleurir sur les réseaux, entre miracle marketing et produit miracle !

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