La Drums and gym : le rythme au service de la forme

Drums and gym
Drums and gym
Stocklib
Par Claire Villard publié le
Journaliste indépendante
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Mixer percussions et fitness, une énième idée marketing pour vendre des cours de gym avant l’arrivée de l’été ? À chacun d’en juger, en tous cas, nous avons testé le concept « drums and gym » d’Ana Yerno à Toulouse et force est de constater qu’on en sort reboosté et le sourire aux lèvres.

Il y a une petite dizaine d’années, deux Américaines ont commencé à exporter une nouvelle activité fitness un peu partout dans le monde occidental. Appelé selon les pays et les salles de sport « fit drums », « fit pound » ou simplement « pound », et repris dans de nombreuses associations sportives, cela consiste à effectuer des exercices classiques de fitness tout en rythmant ses mouvements en tapant sur le sol avec des baguettes. À Toulouse, la « drums and gym » va bien plus loin. Et surtout, tire moins son origine dans le sport « efficace pour mincir » que dans l’art du flamenco.

Les vertus thérapeutiques du rythme

Il est issu du parcours artistique d’une danseuse et percussionniste, Ana Yerno, à la carrière internationale prestigieuse. Après avoir chorégraphié, entre autres, de nombreux spectacles associant danse flamenca et percussions, elle a choisi de se consacrer à la transmission en créant sa propre méthode, la « drums and gym ». "On travaille tous les muscles en renforcement profond, le cardio, mais aussi l’artistique puisque tout est très chorégraphié. Sans oublier la connexion à soi et à ses émotions, et l’écoute du groupe. Le rythme possède de réelles vertus thérapeutiques", affirme la coach à l'énergie débordante.

Dans son joli studio du centre historique de Toulouse, les cours ont lieu en petit comité uniquement (5 personnes maximum), voire même, à la demande de ses clients, en cours particulier. On commence par un court échauffement des articulations en musique et un travail de placement : ancrage au sol, légère rétroversion du bassin, posture droite. Ana confie à chacun une paire de baguettes, et c’est parti. Le premier exercice consiste à taper suivant un rythme très simple sur un gros ballon de fitness suspendu face à soi. Simple mais cela requiert, pour les novices, une certaine concentration.

Musique tribale

On sort ensuite les « drums », des tom bass, éléments de batterie sur lesquels les participants vont venir marquer le rythme. Nul besoin de connaître le solfège, l’écoute suffit pour frapper au bon moment. Cinq temps sur le tambour, un en haut en tapant les baguettes l’une contre l’autre, et on enchaîne, sur une musique tribale, puissante, entrecoupée par les "allez les filles !" d’une Ana volcanique. Cette fois-ci, au sixième temps, elle demande d’effectuer un mouvement des bras parallèles au sol en poussant un cri. Timides au début, les voix s'assument de plus en plus au fil de l’exercice, et les « hey ! » finissent par résonner en chœur. À présent, au sixième temps, on tend le bras droit à droite, baguette dans le prolongement, et la gauche vient la frapper, après avoir décrit un arc de cercle par-dessus la tête. Le tout toujours sur un rythme très soutenu. Regard qui porte au loin, menton relevé, prestance... l'esthétique flamenca n'est pas très loin. Durant une vingtaine de minutes, les participantes enchaînent les courtes chorégraphies et se prennent au jeu, tapant de manière de plus en plus franche et précise sur leurs drums, criant plus fort, engageant tout le corps. Ça chauffe dans les bras, dans les cuisses et les fessiers.

Confiance en soi

Dans la dernière partie de la séance, la percussionniste présente ses exercices d'abdominaux pas comme les autres. Assis sur son tapis de sol, toujours muni des deux baguettes, on vient taper en rythme sur le sol ou bien les deux baguettes l’une contre l’autre, en allant chercher tantôt loin derrière en descendant le haut du corps, tantôt d’un seul côté du tapis pour travailler les obliques. Ces abdos « améliorés » sont, au final, bien plus ludiques que les exercices standards. Et surtout, on est d’autant plus porté par le rythme qu’on le crée soi-même.

À la fin de la séance, les corps sont en sueur, les muscles éprouvés. Comme après une grosse séance de sport, une « bonne fatigue » s’installe rapidement, mais elle est accompagnée d’un sentiment de satisfaction intense et de confiance en soi. "Généralement les gens sortent défoulés et galvanisés ", confirme Ana. Il faut reconnaître que les occasions de crier et de taper comme des fous sur des tambours sont rares. Dans le studio d’Ana, c’est aussi une décompression que l’on s’autorise. De ces moments précieux qui vous rechargent pour la journée entière.

Plus d’infos sur : www.anayerno.com