Les engrais naturels pour son potager

Potager
Engrais pour potager
Pexels
Par Claire Villard publié le
Journaliste indépendante
1392 lectures

La pleine saison du potager est arrivée, et en jardinier bio qui se respecte, vous cherchez à doper la croissance de vos légumes de la manière la plus naturelle qui soit. Quelques conseils pour des engrais 100 % écolo.

D’abord, comme toutes les plantes, vos légumes ont besoin de trois éléments essentiels pour se développer : de l’azote, du phosphore et du potassium. C’est la base. Et c’est la raison pour laquelle les engrais de synthèse en sont bourrés. Mais les engrais organiques naturels en contiennent suffisamment pour leur faire du bien, sans nuire à leur biotope. Qui plus est, un peu comme pour nous, les plantes se portent d’autant mieux avec une « alimentation » diversifiée. En leur proposant des apports variés, en nourrissant leur sol avec du compost, par exemple, vous leur garantissez un meilleur équilibre et une croissance renforcée. 

Le meilleur fertilisant naturel : le compost

Produit tout au long de l’année par les déchets verts ou les restes en cuisine, le compost reste votre meilleur atout et certainement le plus écologique, pour enrichir votre potager. La tonte d’herbe, les fleurs fanées, les épluchures constituent une bonne base de compost. Étalez le mélange au pied de vos plantations sur cinq à dix centimètres d’épaisseur. Si vous possédez un lombricomposteur, c’est le moment d’utiliser le jus qu’il produit. 

Du fumier bio

100 % naturel aussi, le fumier issu de la production d’un agriculteur bio permettra d’améliorer la nature de votre sol. Un peu plus contraignant à acheter, mais cela vaut la peine de faire les tours des éleveurs près de chez vous, histoire de limiter les coûts économiques et environnementaux du transport. Le fumier fait office de véritable levain pour le sol et le tas de compost. Les plus utilisés restent ceux de volaille et de vache, mais pour des sols plus lourds, on peut aussi épandre ceux de chèvre, mouton ou chevaux. 

Le purin de plantes

L’incontournable purin d’orties, riche en éléments nutritifs, protège efficacement des maladies et favorise la transformation des matières organiques en humus. On le pulvérise sur le sol et les plantes toutes les deux semaines (pour les tomates et concombres : uniquement sur le sol). Le purin de consoude est aussi intéressant car riche en potasse, et s’utilise en complément de celui d’ortie. Dans l’idéal, préparez vous-mêmes vos purins de plantes en faisant infuser les feuilles dans de l’eau durant au moins quinze jours avant de la filtrer. Attention, la consoude doit être mise à sécher 48 heures avant infusion.

Les engrais verts pour le potager

On appelle engrais verts des plantes qui sont plantées dans le but d’enrichir le sol. Seigle, avoine, luzerne, moutarde, trèfle… Pas d’inquiétude si vous n’avez pas anticipé la saison : vous pouvez aussi bien planter ces engrais verts pendant la culture de votre potager, et dans l’idéal, un peu tout au long de l’année pour conserver un sol riche et le protéger.

Les bonnes astuces maison

Parmi les « déchets » de la cuisine bénéfiques pour le sol, on retrouve le marc de café, qui cependant sera surtout recommandé pour les plantes ornementales comme les rosiers. Pour les légumes, on le conseillera surtout en mélange dans les semis, et bien sûr dans le compost. Répulsif contre certains insectes indésirables, il doit cependant être utilisé avec parcimonie. Placer une peau de banane au fond d’un trou avant de planter fait aussi office d’engrais naturel. Enfin, les coquilles d’œuf broyées, soit ajoutées au compost, soit directement au pied des plantations. Et si cet été vous rencontrez des algues en bord de mer, sachez qu’elles seront d’une grande utilité comme fertilisant pour votre potager quelques mois plus tard. En effet, après récolte, il suffit de les laisser dehors afin que les pluies les désallent, puis de les disposer au pied de vos cultures. 

Bientôt de l’engrais à base d’urine ?

Des études ont commencé à être menées sur les vertus potentielles de l’urine humaine comme fertilisant. Pour l’heure, difficile de savoir si cette technique a un avenir à grande échelle, mais sur le papier, l’azote et le phosphore qu’elle contient semblent bien intéressants pour les cultures. Reste encore à élaborer des méthodes durables pour extraire ces nutriments…

Source(s):
  • Inrae
  • Le guide Terre vivante du potager bio, éd. Terre vivante