Pesticides : l’agriculture bio discriminée par un indicateur biaisé

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Agriculture bio pesticides
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Par Justine Hubert publié le
Journaliste
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Suite à la proposition d’un texte de la Commission européenne sur la réduction des pesticides de 50 % d’ici 2030 en Europe, l’ONG Générations Futures tire la sonnette d’alarme dans son communiqué publié le 21 juin. Voici pourquoi…

Un texte est actuellement à l’étude par la Commission européenne en vue de réduire l’usage des pesticides comme le révèle une information publiée par Contexte. Le document, qui a été présenté ce mercredi 22 juin, met en avant 3 options qui semblent à première vue intéressantes. Mais en regardant de plus près, pour l’association de défense de l’environnement Générations Futures, le dernier point suggéré est pour le moins inquiétant.
L’indicateur proposé pour juger "de la réduction de l’usage et du risque des pesticides" est "biaisé". En effet, le texte prévoit de s’appuyer sur le HRI1 (qui mesure l’utilisation et le risque de pesticide). Selon le rapport de l’ONG autrichienne Global 2000, cet indicateur "discrimine le plus fortement les pesticides utilisés en agriculture biologique"

Pour Générations Futures, il y a un biais en faveur des parathions les plus toxiques qui sont souvent sous-évalués quand on utilise l’indicateur HRI1. L’association cite notamment les néonicotinoïdes ou encore les pyréthrinoïdes qui sont hautement nocifs pour la biodiversité. Cet indicateur met donc les objectifs du Green Deal (mesures qui visent à faire de l’Europe un continent climatique neutre) en danger. Générations Futures demande dès lors l’évaluation de la diminution des pesticides par deux indicateurs différents. "Nous demandons que la Commission européenne revienne sur ce point clé en créant un indicateur spécifique pour évaluer la réduction de l’usage des pesticides basé sur la fréquence des traitements appliqués", déclare François Veillerette, porte-parole de Générations Futures.

Pour Génération Futures, il est "absurde et inacceptable" qu’un seul indicateur puisse évaluer la réduction de 50 % de l’usage et des risques de pesticides en Europe. Surtout quand celui-ci met en cause le plus les herbicides utilisés en agriculture biologique et favorise les plus toxiques.

La FNH monte aussi au créneau 

La Fondation pour la Nature et l’Homme (FNH) et l’Institut Veblen pointent d’autres incohérences. En effet, pour c’est deux organisations, "il est incompréhensible que le règlement ne contienne aucun élément sur la question des importations de denrées agricoles et alimentaires, traitées avec des pesticides interdits en Europe, ni même sur les substances interdites dans l’Union, mais produites sur son territoire pour être exportées." 

Pour la responsable à la FNH, Amandine Lebreton et Mathilde Dupré, co-directrice de l’Institut Veblen : "Ces pesticides "hors de contrôle" se retrouvent dans les champs des producteurs des pays tiers et par boomerang dans l’assiette des consommateurs européens. Ils créent aussi une concurrence déloyale pour les agriculteurs français et européens. La Commission rate ainsi une opportunité majeure d’avancer sur la mise en œuvre effective de « mesures-miroirs », pourtant acté comme une solution dans son rapport du 3 juin dernier". 

Dans les prochaines semaines à venir, les deux organisations porteront des amendements sur ces points.

 

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