Soigner définitivement les remontées acides sans médicaments

Remontées acides
Remontées acides
Stocklib
Par Magali Walkowicz publié le
Diététicienne-nutritionniste, journaliste et auteure
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Les remontées acides sont désagréables et très nocives sur le long terme. Les traiter est essentiel. Mais les traitements allopathiques ont des effets secondaires extrêmement délétères pour votre santé. Seul un traitement nutritionnel tirerait son épingle du jeu. On fait le point pour vous à la lumière des dernières études.

A l’origine des remontées acides, une substance, du suc gastrique et un mécanisme endommagé.

Le suc gastrique, on ne peut pas l’éviter. Sans lui pas de digestion ! Lorsque des aliments arrivent dans l’estomac, cet acide est sécrété par les cellules pariétales de l'estomac. Ce suc contient surtout de l’acide chlorhydrique. 

  • Ce suc acide est également riche en enzymes. L’acidité et les enzymes complètent notre travail de mastication puisqu’elles permettent de réduire les aliments en minuscules portions assimilables dans l’intestin. 
  • Ce suc acide permet aussi d’assainir le bol alimentaire en dégradant des bactéries qui seraient malencontreusement présentes.

Mais parfois l'acide gastrique « remonte ». C’est ce qu’on appelle le reflux gastro-Œsophagien (RGO). C’est là qu’entre en jeu le mécanisme endommagé. Le RGO est lié à un problème de motricité de l’œsophage et une défaillance du muscle appelé sphincter inférieur qui, avec le diaphragme, empêche le contenu de l'estomac de remonter. Ce sphincter peut s'affaiblir ou se relâcher en cas de surpoids, de tabagisme actif ou passif, de prise de certains médicaments, de hernie hiatale, de grossesse. 

Pourquoi est-il essentiel de traiter le RGO ?

Un RGO va de pair très souvent, avec des complications. Les plus fréquentes sont le pyrosis (sensations de brûlures le long de l’œsophage) et/ou des régurgitations (brûlure rétrosternale) souvent après un repas ou en position allongée. 

Certains symptômes plus rares existent : une mauvaise haleine, des douleurs à l’estomac, une lenteur digestive, des éructations, des troubles de la déglutition. Ou encore un hoquet fréquent, un mal de gorge chronique, une voix enrouée, dus à l’action de l’acide gastrique sur les muqueuses de la bouche et de la gorge. Ou encore par des douleurs thoraciques évoquant une angine de poitrine, des symptômes pulmonaires chroniques : toux sèche, bronchite, asthme, infections bronchopulmonaires. Ils seraient causés par un réflexe de « spasme bronchique » suite au contact de l’acide sur l’œsophage ou par l’aspiration dans les voies aériennes d’une infime quantité de reflux.
Ces symptômes entachent la qualité de vie. Mais le plus grave est que le RGO a une évolution progressive. La fréquence des complications augmente avec l’âge ainsi qu’avec le taux d’acidité du reflux. Peuvent survenir ulcères plus profonds, rétrécissement de l’œsophage, transformation de la muqueuse ou cancer de l’œsophage. Il est donc important de traiter.

Les médicaments ne vous sauvent pas. Ils diminuent votre espérance de vie

Que propose la médecine à ce jour ? Des bloqueurs de l’acidité ou inhibiteurs de la sécrétion gastrique acide. Ils empêchent les cellules de l’estomac de sécréter l’acide chlorhydrique. Il y a les anti-H2 (« H » pour histamine) capables de bloquer certains récepteurs de l’estomac et les IPP (inhibiteurs de la pompe à protons) qui agissent directement sur l’enzyme (la pompe à protons) responsable de la sécrétion de l’acide. Des chercheurs ont mis à jour que prendre des IPP pendant un an ou plus majorait le risque de mort prématurée de 51%, pendant 6 mois de 31% et de 17% dès trois mois de prise. Des études antérieures avaient déjà lié les IPP aux maladies des reins, aux maladies cardiaques, à la pneumonie, aux fractures osseuses et à la démence. 

S’en passer est vital et ne vous contraindra aucunement à vivre avec votre RGO. Une étude a même prouvé que le reflux gastro-œsophagien se soigne mieux avec des suppléments nutritionnels naturels (mélatonine, vitamines B6, B9 et B12, L-tryptophane, méthionine et bétaïne) qu’avec un médicament. La mélatonine inhiberait la sécrétion acide de l’estomac et la synthèse de monoxyde d’azote qui joue un rôle important dans la relaxation transitoire du sphincter œsophagien. 

Les solutions naturelles autres pour traiter les reflux sont nombreuses :

  • allégez vos repas. Faites deux petits repas et une à deux collations. La concentration d’acide du suc gastrique varie en fonction des quantités que vous mangez ;
  • ne mangez rien durant les trois heures précédant le coucher ;
  • mangez digeste. Évitez les fritures, les grosses portions de protéines et prenez des enzymes végétales encapsulées au milieu des repas. Parsemez vos plats de graines germées, naturellement riches en enzymes ;
  • pour protéger les muqueuses de l’acide, prenez le jus d’un demi citron pressé avec une cuillère à thé rase de bicarbonate de soude, le tout dilué dans de l’eau, à la fin des repas ;
  • traitez l’inflammation de l’œsophage en supprimant épices fortes, alcool, tabac, et en prenant une cuillère à soupe de gel d’aloe vera par jour ; 
  • maigrissez. Plus une personne en obésité ou surpoids maigri, plus ses symptômes de RGO peuvent régresser, voire disparaître1 ;
  • supprimez le gluten2. Il y a cinq fois plus de reflux et de problèmes d’acidité gastrique chez les intolérants au gluten. Le Dr Martine Cotinat, spécialiste du RGO, auteure de plusieurs livres sur le sujet, indique que le supprimer même sans intolérance avérée est bénéfique ;
  • arrêtez les produits laitiers. Des chercheurs ont découvert que dans la majorité des cas, les personnes souffrant de reflux sont intolérantes à au moins 5 aliments. Dans 55% des cas, les malades sont intolérants au lait3 ;
  • adoptez un régime low carb voire cétogène. Selon les études publiées au cours de ces dernières années, un régime low carb (pauvre en glucides) représenterait un traitement efficace4. Il réduirait considérablement, en 6 jours seulement, l’exposition à l’acide œsophagien distal et les symptômes du RGO5. La raison ? La consommation de glucides acidifie trop le pH de l’estomac6. Le régime cétogène encore plus pauvre en glucides et riche en graisses conduirait même à une disparition totale des symptômes gastriques7. Pour vous y mettre : lisez Le compteur de glucides, 100 aliments céto à volonté et Le régime cétogène de A à Z à paraître en octobre 2022. Les trois ouvrages sont publiés chez Thierry Souccar éditions.
Source(s):
  • 1. Singh M, Lee J et al. Weight loss can lead to resolution of gastroesophageal reflux disease symptoms: a prospective intervention trial. Obesity (Silver Spring). 2013 Feb;21(2):284-90. doi: 10.1002/oby.20279. PMID: 23532991; PMCID: PMC3853378.
  • 2. Iovino P et al. Esophageal impairment in adult celiac disease with steatorrhea. Am J Gastroenterol. 1998;93(8):1243‐1249. Nachman F et al. Gastroesophageal reflux symptoms in patients with celiac disease and the effects of a gluten-free diet. Clin Gastroenterol Hepatol. 2011;9(3):214‐219.
  • 3. Caselli M et al. Pattern of food intolerance in patients with gastro-esophageal reflux symptoms. Minerva Med. 2017;108(6):496‐501.
  • 4. Yudkin J, Evans E, Smith MG. The low-carbohydrate diet in the treatment of chronic dyspepsia. Proc Nutr Soc 1972;31:12A.
  • 5. Austin GL et al. A very low-carbohydrate diet improves gastroesophageal reflux and its symptoms. Dig Dis Sci. 2006;51(8):1307‐1312.
  • 6. Pehl C et al. Effect of low and high fat meals on lower esophageal sphincter motility and gastroesophageal reflux in healthy subjects. Am J Gastroenterol. 1999 May; 94(5):1192-6.
  • 7. Yancy WS Jr et al. Improvement of gastroesophageal reflux disease after initiation of a low-carbohydrate diet: five brief case reports. Altern Ther Health Med. 2001 Nov-Dec; 7(6):120, 116-9.