Des sex-toys green et bio pour un plaisir très nature

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Sex toys green et bio pour un plaisir très nature
© Pixabay
Par Dorothée Blancheton publié le
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L’univers de l’érotisme se veut lui aussi plus respectueux des Hommes et de l’environnement. On y fait la chasse aux phtalates et autres substances nocives. En effet, aujourd’hui, on cherche aussi à réduire l’impact écologique des sex-toys…

Alimentation, cosmétiques, produits ménagers… Le bio investit de nombreux domaines et même celui de l’érotisme ! Un phénomène qui n’est pas nouveau mais qui suscite davantage l’intérêt des consommateurs. "On s’aperçoit, depuis deux ou trois ans, que nos clients y sont plus sensibles. Il y a une plus grosse préoccupation environnementale dans notre société et l’univers érotique, qui se banalise, fait l’objet de ce même intérêt comme pour n’importe quel produit de grande consommation", souligne Patrick Pruvot, fondateur de la marque Passage du désir. Mais l’attrait pour les sex-toys et autres produits érotiques green et bio dépasse le simple effet de mode.

Phtalates et autres substances nocives

Il répond à une vraie demande des utilisateurs qui souhaitent éviter les produits potentiellement néfastes pour leur santé. Les fabricants de sex-toys ont fait des progrès mais certains commercialisent encore des godemichets ou vibromasseurs contenant des phtalates. Ces composés chimiques sont très utilisés dans les produits de consommation courante notamment pour plastifier ou assouplir les plastiques. Problème : de nombreuses études, notamment celle menée par l’INSERM-CEA et l’université Paris VII (Unité mixte de recherche Gamétogenèse et Génotoxicité), ont démontré les effets nocifs des phtalates sur le système de reproduction masculin mais aussi leur implication dans la survenue de cancers, de diabète, etc. La Commission Européenne a interdit la mise sur le marché des jouets et articles de puériculture fabriqués en PVC souple contenant certains phtalates. Et depuis le 22 juillet 2019, la teneur en phtalates dans les appareils électriques et électroniques doit être inférieure à 0,1 %.

Cependant, certains sex-toys contiennent toujours des phtalates alors qu’ils sont en contact avec des muqueuses très irriguées et perméables. C’est souvent le cas de ceux en plastique très mou, dit en « jelly ». "Il n’y en a quasiment plus sur le marché. On en trouve majoritairement en silicone aujourd’hui (et donc sans phtalate), bien conçus et plus hauts de gamme pour un objet plus durable. Il y a quelques années, nos fabricants n’étaient pas sensibilisés au problème des phtalates. Chez Passage du Désir, nous avons évacué très tôt ces composés problématiques après avoir fait des tests en laboratoire. Mais c’est vrai que les sex-toys sont très peu légiférés. Il y a un certain laxisme des autorités sur le sujet", déclare Patrick Pruvot.

Des ventes multipliées par 6 !

En complément de ces sex-toys, on trouve des lubrifiants, des gels d’excitation, des préservatifs... Là aussi, il est possible de miser sur des produits plus respectueux de la santé avec des lubrifiants naturels et biologiques, sans parabens ou autre produit pétrochimique, par exemple. "C’est surtout au niveau des cosmétiques, des gels lubrifiants et huiles de massage qu’on voit un intérêt grandissant pour le bio. On vend six fois plus de ces produits qu’il y a dix ans !", confie Patrick Pruvot.
Il existe un autre point sur lequel les sex-toys ont évolué, c’est sur leur consommation énergétique.

Des sources d’énergie moins polluantes

Beaucoup de vibromasseurs fonctionnent avec des piles qu'il faut changer régulièrement. On a vu mieux pour préserver la planète… Des initiatives ont alors été testées avec plus ou moins de succès. "Nous avons lancé il y a quelques années une gamme de vibromasseurs qui se rechargeait à l’énergie solaire. Mais ça a été un échec commercial. Les gens étaient trop impatients de l’utiliser et on n’avait pas prévu qu’il faudrait trois heures de beau temps pour le recharger", se souvient Patrick Pruvot. En 2009, la société Camden Enterprises lance quant à elle le modèle « Earth Angel », un vibromasseur réalisé en plastique recyclable, sans pile ni batterie. Celui-ci pouvait être chargé grâce à une prise usb ou via une dynamo  en tournant la manivelle pendant 4 mn pour obtenir 30 mn de vibration.
Mais la principale avancée réside finalement dans le fait d’utiliser des batteries rechargeables plutôt que des piles. Ainsi, les batteries lithium-ion, par exemple, se déchargent peu lorsqu’elles sont inutilisées et peuvent se recharger jusqu’à 6000 fois. De quoi en faire un usage durable…

Biodégradables ou recyclables

Patrick Pruvot reconnaît toutefois que les sex-toys complètement green et bio n’existent pas vraiment et que les appareils réalisés dans des matières naturelles comme le bois ou la pierre (granit, agathe, améthyste…), par exemple, se vendent très peu. Cela n’empêche pas certains fabricants de continuer à tenter leur chance. A l’instar de la marque Blush Novelties qui a lancé en janvier 2019 un vibromasseur biodégradable nommé « Gaia Eco » et fabriqué à base d’amidon de maïs. Celui-ci fonctionne malgré tout à l’aide de piles.

Enfin, pour aller plus loin dans cette démarche plus respectueuse de l’environnement, la marque Passage du Désir va lancer pour la première fois en France, en mars 2020, un circuit de recyclage pour les sex-toys. Les appareils pourront être déposés dans la boutique de l’enseigne ou envoyés via La Poste et les utilisateurs recevront en échange un bon d’achat. Pour chaque sex-toy remis, la marque fera un don d’1€ à l’association Cœur de forêt qui œuvre pour la protection et la valorisation des forêts et des Hommes. Histoire de prendre du plaisir tout en faisant un petit geste pour la planète.

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