Grossesse : l’exposition in utero aux phtalates affecterait le développement moteur des petites filles

ventre femme enceinte
Grossesse : l’exposition in utero aux phtalates affecterait le développement moteur des petites filles
© Pixabay
Par AFP/Relaxnews publié le
3179 lectures

Les méfaits des substances chimiques ne cessent d’être pointés du doigt. Des chercheurs américains ont montré que l'exposition aux phtalates pendant la grossesse pouvait nuire au développement moteur des petites filles.

Une nouvelle étude américaine montre une corrélation entre exposition aux phtalates pendant la grossesse et développement moteur perturbé chez l’enfant. Pour dresser ce constat, des chercheurs du Columbia Center for Children's Environmental Health Columbia Center for Children's Environmental Health (CCCEH) ont suivi plus de 200 mères new-yorkaises et leurs enfants. Les scientifiques ont mesuré 7 métabolites de phtalates dans leurs échantillons urinaires, effectués durant pendant leur troisième trimestre de grossesse. Ils ont aussi étudié les fonctions motrices des enfants à l'âge de 11 ans. Après avoir éliminé les facteurs pouvant influer les résultats, ils se sont aperçus que les filles nées de mères exposées à de fortes doses de certains phtalates enregistraient un moins bon développement de leurs fonctions de motricité fine. Ces dernières étaient plus susceptibles de souffrir de difficultés scolaires, de dysgraphie (problèmes pour écrire). De plus, elles affichaient davantage de troubles de la coordination œil-main et avaient plus de mal à utiliser des appareils électroniques. En revanche, les scientifiques n'ont pas trouvé d'association chez les garçons.

Des substances qui traversent le placenta

Les phtalates sont présents dans de nombreux produits quotidiens tels que les shampoings, le maquillage, les matériaux de construction, les meubles, les jouets ou l'habitacle des voitures. Volatils, ils sont notamment libérés dans l'environnement par les plastiques, les désodorisants et les parfums d'ambiance. L’exposition se fait aussi via l’alimentation puisque certains emballages alimentaires en contiennent. Enfin, ils peuvent être présents dans les produits cosmétiques et d’hygiène, favorisant l'absorption cutanée.

Ces substances chimiques parviennent à traverser le placenta. Ils ont précédemment été associés à des altérations du niveau des hormones thyroïdiennes, essentielles au développement cérébral, et en particulier dans les parties du cerveau responsables de la coordination fine. Ils affecteraient les neurones liés au développement des aptitudes de motricité fine qui se développent plus précocement chez les filles que chez les garçons.

Trouble du système reproductif 

De précédentes recherches ont établi une association avec d'autres troubles médicaux chez les enfants, comme une atteinte du développement du système reproductif des garçons ou des troubles du comportement.

"Il y a une prise de conscience grandissante du problème des plastiques, qui détruisent la vie animale et les écosystèmes", a commenté l'auteure Pam Factor-Litvak. "Dans cette étude, nous avons trouvé de nouvelles preuves que les phtalates -ces substances chimiques fréquemment utilisées dans les cosmétiques et les plastiques - sont mauvais pour la santé des enfants."

Ces résultats ont été publiés dans la revue Environment International.

Commentaires