Perturbation endocrinienne : une étude démontre l’effet du glyphosate

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Perturbation endocrinienne : une étude démontre l’effet du glyphosate
Par Anaïs Martinez publié le
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Une nouvelle étude publiée par un groupe de chercheurs internationaux vient ajouter des preuves à l’effet de perturbateur endocrinien du glyphosate. Une recherche qui pourrait relancer le débat sur la substance controversée.

Cette étude publiée le 12 mars dernier dans la revue Environmental Health et réalisée par des chercheurs du "Ramazzini Institute" a démontré les effets nocifs du glyphosate. Celui-ci entraîne des perturbations du système endocrinien, reproducteur et sur le développement des rats.

Les experts ont exposé les rats à des herbicides à base de glyphosate à différents stades : foetal et adulte. Ils ont été exposés à une dose dite "acceptable" (c’est-à-dire acceptée par les autorités américaines, soit 1,75 milligramme de glyphosate par kilo de poids corporel par jour (mg/kg/j)). Deux groupes ont été constitués : un groupe de rats exposés à la substance active pure (glyphosate) et l’autre était exposé à du Roundup Bioflow, un herbicide contenant du glyphosate et commercialisé par la firme Monsanto. On leur a administré le glyphosate à dose journalière dans de l’eau.

Des effets sur le foetus

Les résultats ont montré que dès le stade du foetus, le système endocrinien (contrôle des hormones) était perturbé et que les rats se développaient avec une "augmentation de la distance anogénitale chez les mâles mais aussi chez les femelles". La concentration en testostérone avait aussi augmenté chez les femelles-filles exposées au Roundup. Ce sont plusieurs marqueurs de masculinisation. Chez la femelle rat adulte, l’âge des premières oestrus, c’est-à-dire des chaleurs, est retardé chez le groupe exposé au Roundup. Le glyphosate perturberait ainsi grandement le système reproducteur du rat selon les résultats des chercheurs.

Quant aux mâles, les chercheurs ont remarqué une augmentation de la concentration d’hormone thyroïdienne (TSH). Cette dernière est fabriquée par l’hypophyse dans le cerveau, mais elle est sécrétée par la thyroïde. Une augmentation de son niveau est révélatrice d’un dysfonctionnement endocrinien dans l'organisme.

Pour concorder au maximum à ce qui peut se produire dans la vie quotidienne, les chercheurs ont réalisé l’expérience selon une certaine méthode : ils ont administré une dose peu élevée par rapport aux autres expériences scientifiques sur ce sujet.

Générations Futures réagit

"Face à cette nouvelle publication montrant des effets sur l’appareil reproducteur de l’exposition à des herbicides à base de glyphosate, Générations Futures exhorte le gouvernement français à garder un objectif de sortie totale du glyphosate dans les prochaines années", déclare François Veillerette, Directeur de Générations Futures.

"Cette nouvelle étude s’ajoute à de très nombreuses autres études universitaires montrant l’effet cancérogène du glyphosate pour les animaux et les hommes. Ce sont maintenant des effets de perturbation du système endocrinien qui sont mis en évidence ce qui soulignent l’urgence d’interdire au plus vite l’usage de cet herbicide utilisé dans des quantités importantes en France et dans le monde", ajoute-t-il.

Les résultats ont été jugés "préoccupants" par l’un des chercheurs, Philippe Landrigan, professeur au Boston College (Etats-Unis) : "Bien que ces résultats ne soient pas définitifs, ils sont très préoccupants et doivent être suivis de près par les agences réglementaires nationales et internationales", déclare-t-il dans un communiqué.

En effet, seul le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) reconnaît le glyphosate comme une substance "cancérogène probable pour l'homme" et "cancérogène" pour l'animal.

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