Réduire naturellement son diabète : les remèdes pour faire baisser sa glycémie

diabète et alimentation
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© Stocklib
Par Dorothée Blancheton publié le
Journaliste indépendante
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En 2020 en France, plus de 3,5 millions de personnes* avaient un traitement médicamenteux contre le diabète. Si un suivi médical est impératif, il est également possible de réduire naturellement son taux de glycémie en suivant quelques bonnes pratiques.

Le diabète est une maladie chronique définie par un excès de sucre dans le sang. C’est ce que l’on appelle l’hyperglycémie. Dans l’organisme, le pancréas fabrique de l’insuline, une hormone chargée de réguler en permanence les apports en sucre. Après un repas, par exemple, la production d’insuline augmente pour diminuer le taux de sucre dans le sang. Parfois, en raison d’une quantité insuffisante ou d’un manque d’efficacité, l’insuline ne parvient pas à remplir son rôle et le taux de sucre dans le sang reste trop élevé. Lorsque cette hyperglycémie est chronique on parle de diabète. "Tant qu’on n’en est pas encore arrivé au diabète, on peut agir. Quand il est installé, on ne peut plus revenir en arrière, d’où l’intérêt de faire de la prévention", souligne Laurence Guillon, naturopathe à Lille**, et auteure de « Prenez soin de vous » aux éditions Baudelaire.

Deux types de diabète : causes et traitements

Il existe deux types de diabète, engendrés par des causes différentes : le diabète de type 1 et le diabète de type 2.

  • Dans le diabète de type 1, plus rare, les cellules du pancréas chargées de sécréter l’insuline sont détruites par erreur par l’organisme qui ne les reconnaît pas. En ce sens, le diabète de type 1 est une maladie auto-immune. On constate ce type de diabète principalement chez les enfants, les adolescents et jeunes adultes.
     
  • Dans le diabète de type 2, soit le pancréas ne produit pas assez d’insuline par rapport à la glycémie soit cette insuline n’agit pas comme elle devrait. Cette forme de diabète concerne 92 % des personnes diabétiques et le nombre de cas ne cesse d’augmenter. La maladie est plus lente à se déclarer et est souvent diagnostiquée chez les adultes. Toutefois, elle peut aussi apparaître plus tôt, dès l’adolescence notamment chez les jeunes présentant un surpoids.
    D’après les données de la Fédération Internationale du diabète***, en 2021 on comptait 537 millions d’adultes diabétiques dans le monde contre 415 millions en 2015. Et d’après les projections, on pourrait passer à 643 millions à l’horizon 2030 et 738 millions d’ici 2045.

Quel que soit le type de diabète, un suivi médical est nécessaire. Le traitement du diabète de type 1 passe par l’apport d’insuline par injection ou avec une pompe à insuline.
Le traitement du diabète de type 2, lui, nécessite des mesures diététiques et d’hygiène de vie et rapidement après des traitements antidiabétiques oraux et/ou injectables à associer à une activité physique et une alimentation équilibrée. C’est dans ce cadre que les remèdes naturels et les bonnes pratiques peuvent s’inscrire.

Choisir des aliments à l’index glycémique bas

"L’index glycémique (IG) c’est la base. C’est la capacité d’un aliment à élever le taux de sucre dans le sang, la vitesse à laquelle ce sucre se dirige dans le sang après ingestion. L’idée est d’y faire parvenir le sucre le plus lentement possible pour éviter un assaut de sucre qui perturbe le fonctionnement de l’insuline", explique la naturopathe. On privilégie donc les légumes (ils doivent représenter la moitié du repas) car ils sont riches en fibres. Ces dernières ralentissent la vitesse du sucre et permettent ainsi de faire baisser la glycémie. Au lieu de boire un verre de jus de fruit pressé qui amène directement le sucre dans le sang, mieux vaut par exemple consommer ce fruit entier avec ses fibres. Les légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots blancs...) et les céréales complètes sont également riches en fibres. A contrario, on évite les produits raffinés (pain blanc, riz blanc...), transformés, qui augmentent la glycémie. On surveille sa consommation de produits laitiers puisque le lactose est le sucre du lait. Pour s’aider, on trouve sur Internet des tables d’IG.

Diabète : les bienfaits de la cuisson à la vapeur douce

Plusieurs autres paramètres influent sur l’index glycémique. Ainsi, plus l’aliment va être cuit, plus son index glycémique va être élevé. "Les italiens font preuve de bon sens en consommant leurs pâtes al dente. C’est valable aussi pour les légumineuses, le riz, les céréales, les légumes...", ajoute Laurence Guillon. On limite donc la cuisson de ses aliments et on préfère celle à la vapeur.

Complexifier ses plats pour abaisser l'index glycémique

On veille également à manger varié en cuisinant. Si on mange des pâtes seules, l’index glycémique sera plus important que si elles sont accompagnées de saumon et d’un filet d’huile par exemple. Les lipides et protéines complexifient la digestion et retardent l’arrivée du sucre dans le sang. De même, mieux vaut consommer une salade de pommes de terre avec du hareng à l’huile qui présentera un index glycémique plus bas qu’une purée. "Le fait d’écraser, de mixer l’alimentation fait monter la glycémie. Pour réduire l’IG de la pomme de terre, il faut la cuire à la vapeur et dans sa peau. Ça évite que l’amidon ne se gélifie. Ensuite, on la refroidit dans le réfrigérateur pendant 24h. Le lendemain, l’amidon aura été transformé et l’IG aura diminué. On pourra alors les manger en salade, ou sautées à la poêle...", conseille Laurence Guillon.

Miser sur les plantes hypoglycémiantes 

La cannelle, l’olivier, la myrtille, la berbérine, le schisandra, le mûrier, le curcuma, le fenugrec, le ginseng... Ces plantes ont une action hypoglycémiante. "D’une manière générale, elles améliorent la sensibilité à l’insuline et réduisent le taux de glucose dans le sang", explique la naturopathe. Il est possible d’ajouter certaines de ces plantes dans ses plats afin de profiter de leurs vertus. Toutefois, pour profiter au maximum des bienfaits de ces plantes, on peut se diriger vers des teintures mères, des extraits de plantes sèches ou fraîches à travers diverses formes galéniques.

Différents laboratoires proposent des compléments alimentaires à base de plantes hypoglycémiantes. Le naturopathe adaptera la posologie et les plantes en fonction de chaque personne. Ces plantes sont à prendre en synergie pour potentialiser leurs bienfaits. Toujours sous forme de compléments alimentaires, on pourra s’orienter vers des produits contenant du chrome, un oligo-élément qui "va réguler le pancréas, permettre d’assimiler le sucre et diminuer l’appétence des personnes pour le sucre", commente Laurence Guillon.

Les personnes diabétiques fabriquent davantage de radicaux libres, il faut donner des antioxydants : carcinine, sélénium, vitamine C, Vitamine E, resvératrol... Là aussi à prendre sous forme de compléments alimentaires. Ceux-ci associent les bienfaits de chacun.
Ces diverses mesures devraient compléter avantageusement la prise en charge du diabète.

 

*Chiffres de Santé Publique France, novembre 2021

**Son site : laurenceguillon-naturo.com

***Atlas du diabète de la FID 2015 et 2021