L’effet quasi immédiat d’un régime bio sur notre organisme

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L’effet quasi immédiat d’un régime bio sur notre organisme
Par Anaïs Martinez publié le
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L’alimentation bio réduirait, en quelques jours, considérablement le taux de pesticides dans les urines. Tel est le constat d’une récente étude menée par des chercheurs américains publiée hier, mardi 12 février.

Cette nouvelle étude a été réalisée par des chercheurs américains du centre de recherche sur l’environnement et la santé des enfants (CERCH) de l’Université de Berkeley et de l’Université de Francisco en toxicologie clinique et biosurveillance environnementale. Si elle a été menée sur un petit groupe de personnes, les résultats positifs méritent d’être soulignés. Grâce à une alimentation bio, le taux de pesticides diminue considérablement dans les urines, et ce, de manière rapide.

Une alimentation gorgée… de pesticides

Partagée ce mercredi 13 février sur le compte Twitter du directeur de Générations Futures, François Veillerette, cette recherche a été menée aux États-Unis après un constat alarmant de résidus de pesticides présents dans l’alimentation à l’échelle nationale. En cause notamment : l’utilisation massive dans l’agriculture de néonicotinoïdes, d’herbicides et d’insecticides. Or, les résidus ou "métabolites", issus de la dégradation des produits chimiques contenus dans les pesticides, sont nocifs pour le corps. Comme le mettent en évidence les chercheurs : l’exposition aux pesticides a des conséquences néfastes sur la santé. Elle augmente les problèmes cognitifs mais aussi de comportement et d’attention chez les enfants, augmente le risques de développer de l’asthme ou un cancer et a des impacts sur le système reproducteur et endocrinien.
Pour dresser leurs conclusions, les scientifiques ont suivi 16 volontaires, des familles résidant en Amérique du Nord et qui généralement ne consommaient pas une alimentation bio. Ils ont ensuite analysé les urines des participants avant et après qu’ils aient adopté ce régime. Les sujets ont été suivis sur 12 jours consécutifs : de 1er ou 5e jour, ils prenaient leur régime habituel puis du 6e au 11e jour ils ont débuté un régime bio complet, et ce, même au travail, à la maison ou à l’école pour les enfants, aussi bien pour les boissons que pour les condiments (huiles, épices).

Des effets positifs au bout de 5 jours

Les auteurs de l’étude ont détecté 14 pesticides ou résidus de pesticides dans chaque prélèvement d'urine des participants de l’étude. Ce qui témoigne bien de l’"effet cocktail” qui peut se produire à l’intérieur de l’organisme. Toutefois, le régime bio a du bon, et ce très rapidement. Les scientifiques ont observé dans les urines une chute significative du taux de pesticides seulement après 5 jours de "régime bio". Les pesticides organophosphorés et les insecticides tels que les pyréthrinoïdes ont fortement diminué. Les résidus du malathion, insecticide classé cancérogène probable pour l’homme, avaient également largement baissés.

L'exposition au glyphosate dans l'alimentation en France

Le glyphosate est la molécule active principale dans les herbicides et est la plus utilisée dans le monde. Le 17 septembre 2017, l’association Générations Futures faisait état d’un rapport pour évaluer la quantité de glyphosate présente dans les produits alimentaires de grande consommation. Les résultats d’analyse ont montré la présence de glyphosate dans 16 des 30 échantillons analysés, soit 53,3 % des produits testés, notamment en forte quantité dans les céréales pour le petit-déjeuner. Cette étude avait été réalisée face aux données manquantes d’exposition du glyphosate dans l’alimentation et en parallèle du débat sur une autorisation renouvelée du glyphosate au sein de l’Union européenne. Dans le cadre de la campagne "J’ai du glyphosate dans les urines, et toi ?" lancée en Ariège, 45 personnes portent plainte, ce mercredi, au tribunal de Toulouse contre les fabricants de pesticides et ceux qui les commercialisent. Les motifs soulevés : "mise en danger de la vie d'autrui", "tromperie aggravée" et "atteinte à l'environnement". Toutes ont retrouvé du glyphosate après analyse de leurs urines. En moyenne, le taux est 11 fois supérieur au seuil maximal autorisé dans l’eau potable.

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