Confinement : comment se sentir libre... malgré tout ?

femme sur son canapé
Confinement : comment se sentir libres ?
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Par Isabelle Frenay publié le
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Entre quatre murs, le confinement nous prive, de fait, de notre liberté de mouvement. En solo, duo ou en famille, comment développer un sentiment de liberté et d’autonomie malgré l’expérience que nous subissons ? Parmi les approches vertueuses, donner du sens à l’événement et agir permettent de se donner du souffle.

Du jour au lendemain, nos allées et venues sont réduites au strict minimum, à savoir se nourrir, se soigner ou faire quelques pas. Le huis clos du confinement peut être vécu, de manière légitime, comme un enfermement, selon le milieu social d'appartenance et des facteurs de vulnérabilité préexistants (chômage, problèmes financiers, conflits familiaux, maladies, etc.). Les solitaires de nature, les casaniers et les introvertis s’en sortent probablement mieux.
S’occuper à faire des activités satisfaisantes ou plaisantes tous les jours est important pour garantir notre bien-être physique et mental. Ainsi, nous avons réinvesti nos cuisines, élaborer de bons petits plats, astiquer ou ranger son logement. Pour se distraire, certains ouvrent des livres, regardent des films, déroulent le tapis de yoga ou font de la musique. Jusque-là, on croirait à des vacances… sauf que la réalité est tout autre. 

Ne pas chercher à réussir son confinement

Vous avez peut-être remarqué que s’occuper (pour ceux qui y parviennent) ne donne pas forcément la sensation d’être libre bien qu’actif. On peut avoir l’impression de subir la situation malgré tout, surtout si les conditions du confinement (espace restreint, relations, insécurité, travail etc.) sont difficiles. La solitude, pour 10 millions de Français, comme la promiscuité en famille sont des facteurs d’oppression. La charge mentale des parents, en proie à l’intendance des journées, exacerbe la sensation d’asphyxie. Pour relâcher la pression, on peut se convaincre que la productivité n’a plus lieu d'être. Pour sauver sa peau, il faut se délester de l’ injonction à réussir son confinement.

Donner du sens

Voici une première posture à adopter pour devenir acteur de ce qui se passe  En restant chez soi, on est utile pour protéger la santé de tous. Cet état d’esprit nous permet de sortir de notre propre ego. Ainsi, nous sommes isolés mais c’est le "tous ensemble" qui prévaut. Notre destinée, de manière inédite, devient commune. C’est comme si nous étions une grande équipe au service de la même cause. Les enfants adhèrent très bien à cette vision !

Passer à l’action

Malgré le peu de marge de manoeuvre que nous avons actuellement, se demander comment agir permet de se donner de l’espace. Qu’est ce que je peux faire pour prendre soin de moi, de ma famille, de mes proches et des autres ? Avant le confinement, nous courions partout et nous  rêvions de passer plus de temps en famille et avec nos proches.

Chacun à votre échelle, vous pouvez lister les actions réalisables auxquelles vous rendre disponible. Jouer avec mon enfant, donner mon sang, faire les courses pour un voisin, soutenir financièrement les commerçants de mon quartier… Autant de démarches solidaires qui développent le sentiment d’être libre. A titre personnel, le confinement peut être l'occasion de renouer avec une aspiration profonde en cohérence avec ses valeurs.

Confinés mais pas prisonniers

A y regarder de plus près, les ruminations et les angoisses prennent souvent racine dans des pensées anxiogènes. On apprend beaucoup des prisonniers de guerre, des détenus ou des otages qui ont su surmonter psychiquement l’enfermement. La plupart, comme Nelson Mandela, ont pris le contrôle sur leur esprit en décidant comment le nourrir et  à quoi l’occuper. Lecture, poésie, écriture, élaboration de projets, etc., ils ont mis en route leur cerveau cognitif. Il reste la liberté de pensée. Selon le philosophe stoïcien Marc Aurèle, "le bonheur de nos vies dépend de la qualité de nos pensées". Cette citation peut nous inspirer dans le contexte actuel. Laissons libre cours à notre imagination qui a les vertus de combler le vide !

Rester connecté à son corps

Au fil des jours, nous nous sentons parfois débordés, angoissés ou noyés dans l’ennui. Le confinement génère un tsunami émotionnel humain et compréhensible. C’est ce que nous allons faire de ces états qui nous traversent qui va déterminer nos choix et nos comportements.

Apprendre à décrypter vos émotions vous permettra de devenir plus autonome. Posez vous souvent la question : Comment je me sens là maintenant ? Avec un recours massif aux des écrans pour travailler, communiquer et nous distraire, notre corps est aux abonnés absent pendant le confinement. Pour extérioriser une émotion, il est bon de respirer, méditer, danser, faire un peu de sport, descendre le chien, faire le ménage, etc..

Oser débrancher

Respirer, sentir l’air sur la peau, prendre des temps calme seuls sont des ressources indispensables pour développer notre sentiment de liberté. Il est important de vous laisser des temps de pause où vous n'êtes pas sollicités (réseaux sociaux, tâches ménagères, enfants) pour vous recentrer. Mettez à l’agenda des moments de respiration, de musique, de rêverie à la fenêtre ou de sieste, écouter les oiseaux. En clair, osez débrancher ! Ces actions activeront votre système parasympathique, en jeu dans la détente.

Faire la to do-list version light

Vous êtes la/le pro de la to-do list ? Gardez ce réflexe pour faire la liste de tout ce que vous n’avez plus à faire depuis le confinement. Cet exercice vous permettra d’alléger votre esprit. Prenez le temps de passer en revue l’ensemble des obligations et des contraintes dont vous êtes dégagés. Transports, coiffeur, shopping, courses, activités des enfants, ou encore les sorties non désirées. Une manière de se sentier plus léger !

 

Par Isabelle Frenay, sophrologue, journaliste santé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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